La consommation de drogues fortes chez les jeunes et sa relation avec les actes de délinquances

Le besoin de se doter de données sur la consommation de drogues fortes chez les jeunes s’explique par le manque de recherche intensive sur le sujet, au niveau du parcours familial et individuel des consommateurs menant à des actes de délinquances.  Les enquêtes générales de Santé Québec évaluent principalement l’usage de drogues fortes chez les jeunes adolescents, cependant, nous pouvons démontrer une augmentation accrue de ceux-ci parmi les usagers de 15 à 24 ans (Guyon,2005 :1). De ce fait, l’évolution de la consommation de drogues fortes chez les jeunes apporte un échantillonnage intéressant puisqu\’elle permet mieux de comprendre la problématique associée à la consommation des drogues chez les jeunes.

Le but premier est de comprendre en quoi le lien étroit entre la dynamique de la consommation de drogue et la criminalité se manifeste chez les jeunes usagers ( Dejardins, 2017:1).  Ainsi, notre recherche portera une attention particulière sur la relation entre la drogue et la délinquance et le capital familial et individuel influençant les jeunes dans des actes de délinquances. Pour situer cette problématique, il faut donc présenter certaines statistiques dans le but de constater l’ampleur du problème chez les jeunes de 15 à 24 ans. Par exemple, l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues ( ECTAD) s’intéresse sur la consommation de tabac, d’alcool et de drogues des jeunes de 15 ans et plus ( Santé Canada, 2017). L’enquête porte sur la consommation de drogues illégales telles que « le cannabis, la cocaïne, ecstasy, amphétamines et méthamphétamines des hallucinogènes et de l’héroïne» durant les derniers 12 mois ( Santé Canada, 2017).  Au cours de l’enquête, la consommation chez les jeunes était en hausse de 15% par rapport au 13% en 2015. De plus, on dénote une augmentation de 19% chez les hommes que chez les femmes à 11% ( Santé Canada, 2017). Par conséquent, l’enquête conclut que «la consommation d’au moins une des six drogues illégales au cours des 12 derniers mois était également plus élevée chez les jeunes de 15 à 19 ans ( 20% ou 396 000) et les jeunes adultes de 20 à 24 ans ( 35% ou 816 000), que chez les jeunes adultes de 25 ans et plus (13% ou 3.3 millions) » ( Santé Canada, 2017). Cependant cette enquête, ne nous permet pas de comprendre l’analyse de la consommation de drogues chez les jeunes. Il faut donc étudier les types de facteurs de risques entraînant au style de vie déviant.

Selon plusieurs écrits, la consommation de drogues est principalement liée à la fréquentation de jeunes ayant des comportements marginaux, un désengagement probable face aux institutions sociales et des problèmes familiaux, mais ceux-ci ne nous permettent pas d\’évaluer la propension du comportement de délinquance présent au sein de la population juvénile (Ménard,2011:63).  Donc l’étude sur l’influence du parcours familial et individuel des consommateurs de drogues nous permettrait d’évaluer principalement la propension aux comportements déviants par l’implication des usagers dans le trafic de substances et dans la participation de ceux-ci dans la consommation des drogues dures.

Question Préliminaire: Quels sont les parcours familiaux et individuels des consommateurs de drogues fortes ayant commis des comportements de délinquances?

Pertinence Scientifique: En ce qui concerne la consommation de drogues illicites au Québec sur le plan démographique, les résultats sont largement abordés par la communauté scientifique. On remarque notamment divers facteurs sociaux qui influencent la prise de stupéfiants tels que la détention d’un DEC, la présence dans un ménage monoparental ou à faible revenu, la solitude et la vie étudiante. Les drogues les plus populaires chez les 15-19 ans sont respectivement l’alcool, le cannabis et la cocaïne. (Camirand, Tratoré et Baulne, 2016, p. 89, 91). À cet effet, plusieurs écrits expliquent le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants. Ainsi, leurs attitudes et comportements face à l’usage de drogues peuvent influencer la propension des jeunes à en consommer. En conséquence, le manque de discipline et de rigueur des parents est directement lié à l’augmentation de la consommation de drogues chez les jeunes. Ainsi, plus les parents consomment, plus leurs enfant tendent à adopter le même comportement (Gagnon et Rochefort, 2010, p. 26).

De plus, l’école et les pairs sont influents à la consommation de drogues chez les jeunes adultes puisqu’on dénote notamment, la pression sociale et le manque d’appartenance au milieu scolaire comme des effets importants (Gagnon et Rochefort, 2010, p.17-18). Enfin, les normes sociales et les croyances normatives influencent aussi la consommation. La croyance qu’un proche ou un ami approuverait le comportement de se droguer influence l’intention des jeunes à consommer à leur tour. Aussi, on peut déduire que la consommation de drogues peut avoir diverses conséquences sur la santé d’un individu, au niveau du déficit d’apprentissage et un retard de développement du cerveau. Les effets sur la santé mentale sont multiples, car la drogue peut déclencher ou masquer des troubles mentaux, aggraver une maladie mentale déjà présente ou même imiter des symptômes. (Gagnon et Rochefort, 2010, p. 29). 

L’explication des conséquences psychosociales est forte intéressante pour exprimer le lien entre la consommation et  la violence. Divers modèles scientifiques expliquent le phénomène sous divers angles. Premièrement, le modèle psychopharmacologique mentionne que l’intoxication a le potentiel d’induire un comportement agressif pouvant résulter en un crime. Deuxièmement, le modèle économico-compulsif soutient l’idée qu’être dépendant d’une substance coûteuse incite un comportement criminel pour s’en procurer. Finalement, le modèle causal explique que l’implication dans une organisation criminelle favorise la consommation de drogue. Toutes ces études démontrent que la violence est la conséquence de consommation (Gagnon et Rochefort, 2010, p. 12-13). Cependant, les diverses études portant sur le thème de la toxicomanie n’ont que très peu de données sur la consommation de drogues fortes.

En effet, la plus récente enquête gouvernementale (ECTAD 2017), avertit ses lecteurs d’interpréter avec prudence ses résultats dans cette catégorie (Santé Canada, 2017). Ainsi, une recherche portant sur les consommateurs de drogue forte chez les jeunes ayant commis un acte de délinquance notamment sur leur parcours familial et individuel serait particulièrement pertinente pour faire avancer les connaissances sur le sujet.

Question Définitive: La question définitive dans le cadre de cette recherche serait la suivante: en quoi le parcours familiale et individuel amènent les jeunes âgés de 15 à 24 ans au Québec à consommer des drogues fortes tout en les influençant à commettre des actes de délinquances?

Éclairage Théorique: Tout d’abord, plusieurs facteurs répertoriés et étudiés expliquent les origines de la consommation de drogues fortes. Premièrement, le capital familial est un facteur influençant la consommation. En effet, les parents sont une source d’inspiration pour les enfants et ceux-ci ont tendance à imiter certaines de leurs actions. Alors, si un enfant est témoin d’une consommation de substances par ses parents, il sera donc influencé à reproduire cette conduite. On voit aussi que la structure familiale, et son climat viennent jouer un rôle déclencheur dans la prise de substances psychoactives, on parle ici de l’absence d’une bonne éducation, d’un manque de supervision, de la maltraitance et de l’absence d’un certain type d’attachement, etc (Desjardins,2017 :7). De plus, le milieu et les conditions de vie, telles que la classe sociale et le revenu familial ont une grande influence sur l’apparition de la toxicomanie chez les jeunes, car ceux-ci vivent des situations difficiles ce qui les amène vers de mauvaises directions (Ménard,2011:16). Un autre facteur important est l’entourage. On parle ici du cercle d’amis et donc des pairs, chez qui les jeunes vont accorder beaucoup d’importance, surtout à l’adolescence. Ce dernier peut effectivement avoir un lien entre le début de la prise de drogue forte et la fréquentation de gens qui en consomme déjà. Pour finir, d’autres facteurs plus personnels peuvent aussi être responsables de la prise de substance. Par exemple, les adolescents ont tendance à vouloir expérimenter des sensations fortes et ainsi avoir un désir de se rebeller. On dénote notamment, plusieurs facteurs influençant la consommation de drogues fortes chez les jeunes, mais les plus influents sont ceux développés ci-dessus.

Maintenant, parlons de la relation entre la consommation des substances fortes et les actes de délinquances chez les jeunes. Premièrement, une conséquence de la consommation de drogues fortes chez un jeune s’explique par l’intoxication de celui-ci, influençant donc les risques de comportements délinquants. De plus, plus la consommation est fréquente, plus fort est le risque de commettre un crime ou un acte de délinquance (Desjardins,2017 :12). À cet effet, la drogue vient agir comme un élément déclencheur influençant les jeunes à commettre des gestes violents et dangereux. À cause de l’intoxication, le jugement et les perceptions des jeunes sont altérés et le contrôle de soi en est réduit. Troisièmement, certains pourraient commettre des crimes dus à un déficit monétaire de se procurer leur consommation, cette situation s’observe souvent lors d’un état de dépendance aux substances psychoactives.  Les jeunes essaient donc de trouver les moyens nécessaires les menant à consommer de nouveau (Ménard,2011:6). Pour finir, la consommation de drogues fortes s’influence par des activités connexes liées aux fréquentations de pairs déviants, soit par l’appartenance à un gang ou à  l’implication dans des réseaux sociaux, etc (Desjardins,2017 :18).

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