Histoire de la Corée du Sud

I. La Corée du Sud du début du 20ème jusqu’à 1960

a) La domination japonaise

La société clanique et le néo-confucianisme ne sont pas les seuls éléments du passé douloureux et pénalisant de la Corée du Sud. En effet, la domination japonaise a beaucoup retardé le développement du pays, car ce dernier n’était pas considéré comme tel. C’est en 1905 que la Corée fut colonisée par le Japon, qui mena alors une domination dite impitoyable du pays jusqu’en 1945. Les ressources coréennes étaient surexploitées, avec 40% des terres sous l’occupation, l’appropriation des matières premières ainsi que de la main d’œuvre ; plus de 200 000 coréens ont été recrutés de force lors de la Seconde Guerre Mondiale, un million d’autres ont été déportés au Japon pour exercer un travail forcé, et les femmes servaient de prostituées aux soldats japonais. La Corée était alors en très mauvaise posture, puisque les coréens bénéficiaient de seulement 50% de ce que gagnaient les japonais, ce qui la rendait très pauvre en richesses ainsi qu’en ressources. Les coréens tentent alors de résister et organisent un soulèvement en 1919, mais celui-ci fut malheureusement étouffé par la puissance japonaise, faisant 7000 morts, ce qui affaiblit d’autant plus le pays. La culture coréenne fut aussi atteinte, puisqu’en 1937 l’apprentissage du coréen dans les écoles, l’histoire de la Corée et les journaux coréens sont interdits, et les noms des citoyens sont remplacés par des noms japonais. Cette douloureuse domination pris fin le 2 septembre 1945, lors de la reddition du Japon à la Seconde Guerre Mondiale. La Corée est alors divisée en deux zones d’occupation. L’une, au Nord, est administrée par l’Union Soviétique, ce qui la rend communiste, et l’autre, au Sud, est administrée par les États-Unis, qui eux sont libéralistes. La Corée du Sud exprime une forte résistance à cette deuxième domination, ce qui incite quatre grandes puissances, qui sont le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et l’Union Soviétique à se réunir afin de débattre sur l’avenir du pays. Ils garantissent ensemble l’indépendance du pays, mais celle-ci n’est pas encore officielle ; suite à la création de l’ONU le 24 octobre 1945, le sort de la Corée du Sud dépendait donc de cette organisation. Elle se réunit alors le 10 mai 1948 et élit Syngman Rhee, qui était le président du gouvernement provisoire de Corée de 1945 à 1948, comme premier président de la nouvelle République de Corée. C’est alors suite à cette date que la Corée du Sud pu être reconnue comme un pays à part entière, et ainsi commencer à envisager un développement autonome.

b) La guerre de Corée

Malgré la réussite coréenne par la création de la République de Corée, un autre élément vint perturber la stabilisation du pays. Le 25 juin 1950, la Corée du Nord attaque celle du Sud par surprise, et les personnes habitants au Nord de la République de Corée sont alors réveillés par les flammes et le vacarme. Immédiatement, les États-Unis réagissent, et le président Truman confirme la protection des coréens du Sud, suite à leur demande. Le conseil de sécurité de l’ONU est en accord avec cette aide et demande aux autres membres de l’organisation de leur porter assistance. Malgré l’aide arrivée très rapidement par les États-Unis, les forces rouges progressent de manière très rapide et atteignent Séoul le 28 juin. La capitale subit alors beaucoup de dégâts. La pauvreté règne, les coréens qui ont perdu domicile passent leurs journées à fuir en se dirigeant vers le Sud. Toute résistance était vaine, car les armes soviétiques étaient trop puissantes, la Corée du Sud ne possédait que 10 avions lorsque la guerre a commencé, tandis que son opposant était parfaitement préparé. Les soldats américains sont accueillis en triomphe et parviennent à ralentir l’avancée de forces rouges. C’est au début de l’année 1953 que Staline, homme d’État soviétique, trouve la mort. L’union soviétique est alors affaiblie et l’ONU entame des négociations avec la Corée du Nord, qui entraîne l’armistice entre les deux Corée le 27 juillet 1953, ce qui met un terme aux violences. De plus, une séparation des deux territoires est mise en place par l’ONU par le 38ème parallèle qui sépare alors de nombreuses familles. Des dégâts importants ont été engendrés par cette guerre, deux millions de civils ont été tués et il y eu plus de trois millions de dollars de pertes matérielles. 50% du potentiel industriel des villes est détruit, ce qui handicape à nouveau la Corée du Sud, qui perd espoir de pouvoir un jour lancer réellement son développement. Avec l’inflation et le chômage qui persistent, le pays a du mal à s’en sortir, mais parvient à se stabiliser en 1957, notamment grâce aux aides des États-Unis.

II. La Corée du Sud après 1960

a) La tentative de développement économique

Débarrassée de toutes ses difficultés, la Corée du Sud envisage tout d’abord de développer son secteur économique. Elle fait alors du Japon un de ses plus gros clients grâce à une politique de substitution aux importations qui permettra de rétablir leurs relations commerciales. Le pays opte en 1960 pour une stratégie d’exportation, mise en place suite à l’arrivée au pouvoir du général Park Chung Hee, ce qui entraîne alors le rétablissement des relations diplomatiques avec le Japon en 1967. Dès lors, cette politique marque une relance économique progressive, avec une accélération de la croissance industrielle, une réduction du taux d’inflation ainsi que l’expansion des échanges extérieurs. Cependant, la Corée du Sud peine à développer son commerce extérieur, et leur monnaie en est la cause ; le won a déprécié par rapport au dollar. L’économie se montre donc particulièrement instable, alors il est décidé d’adopter en 1972 une croissance auto-entretenue, ce qui a très bien fonctionné pour le pays, puisque son PNB a augmenté de 8,8% grâce à cette décision. La croissance auto-entretenue est basée sur la consommation de masse à l’intérieur du pays, ainsi qu’une structure industrielle auto-suffisante, basée sur des ressources seulement trouvables en Corée du Sud. Ainsi, il n’y a pas de dépendance à l’international, mais le pays va être amené à faire de nouvelles exportations, car elles sont source de bénéfices très importants. La Corée du Sud décide alors de se spécialiser, afin de ne pas être concurrencée, et devient le premier producteur mondial de téléviseurs noir et blanc en 1979. Malgré cela, la Corée perd de sa compétitivité face à de nouveaux concurrents, notamment les BRICS, et l’année 1980 se montre particulièrement difficile, surtout à cause de la crise qui entraîne une chute de 4,9% du PNB.

b) Le développement par la culture

Suite à l’échec d’un développement du pays par l’économie, la Corée du Sud décide de s’orienter vers un tout nouveau mode de développement afin de concurrencer les autres pays grâce à sa culture. Ainsi commença la « Korean Wave » ou « Hallyu », autrement dit le développement par la culture de la Corée du Sud à l’international. Elle est le premier pays à utiliser sa culture pop comme un soft power (pouvoir de convaincre, concept utilisé dans les relations internationales), et a gonflé le PIB de 0,2%, soit 18,7 millions de dollars en 2004. Ce développement est apparu au début des années 1990, en touchant fortement la Chine. Tout d’abord, les films et séries télévisées ont conquis une grande partie du monde. Les drames coréens sont très réputés dans les pays d’Asie comme le Japon ou l’Indonésie, comme par exemple Winter Sonata, qui a énormément propagé la culture sud-coréenne au Japon, en Chine et à Taiwan. Les femmes adolescentes sont très sensibles à ce type de cinématographie, ce qui en fait la principale cible des films et séries coréens. Ces drames ne sont pas encore très connus en Europe et aux États-Unis, car ils ne ressemblent pas vraiment à leurs sociétés, mais cela ne saurait tarder, puisque plusieurs articles démontrent que la « K-drama » séduit beaucoup le public français, mais n’est pas encore très accessible. Ces séries montrent ainsi, par le biais de la télévision, une vision de la Corée du Sud tout à fait différente de ce que les gens pouvaient penser auparavant. De plus, c’est un bon moyen pour donner envie aux téléspectateurs de découvrir ce nouveau pays si différent de leur mode de vie. L’industrie cinématographique de Corée du Sud se nomme Hallyuwood, en hommage à Hollywood et en référence au phénomène culturel. Un autre phénomène pop plus récent domine le marché musical : la K-pop. Ce genre musical a révolutionné l’industrie coréenne, et de nombreux groupes ont été créés dès la propagation de ce courant en 1990. La K-pop, c’est principalement de la musique pop coréenne, qui mélange beaucoup d’autres styles comme l’électronique, le hip-hop et même le jazz. Plus de 100 groupes existent à ce jour et sont très diversifiés, donc chacun peut trouver son bonheur dans leur musique. Ainsi, ces groupes sont connus mondialement. Constitués d’hommes ou de femmes (il n’y a pas de groupe mixte), les chanteurs ont entre 19 et 25 ans, et sont dotés de nombreux talents. La qualité du contenu fourni par la K-pop est le plus important ; ainsi, les célébrités s’entraînent depuis leur plus jeune âge à danser et chanter à la perfection, et tout ceci en gardant toujours le sourire. Il existe même des écoles de K-pop pour les plus jeunes, qui apprennent à danser, chanter et imaginer leurs propres chorégraphies. Le phénomène a montré une telle popularité que même le Japon a voulu concurrencer ce style musical par un autre nommé la J-pop. Mais la K-pop reste le leader sur le marché, puisqu’elle 7,8% du chiffre d’affaires de l’industrie musicale japonaise en 2011. Ci-dessous, nous pouvons observer les destinations de tournée d’un groupe coréen très connu (Paris, Berlin ,Los Angeles), nommé BTS. Ainsi, nous voyons que le phénomène est mondial.

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