Les cellules neuro-endocrines former des organes

Les cellules neuro-endocrines désignent les cellules par leurs propriétés sécrétoires et non par leur siège ou leur origine embryologique. Elles peuvent former des organes ou des parties d\’organes : hypothalamus, antéhypophyse, des amas bien individualisés à l\’intérieur d\’un organe : pancréas endocrine et un réseau de cellules dispersées à l\’intérieur d\’un organe : thyroïde, tube digestif, poumon (1).Les tumeurs développées à partir des cellules endocrines, entraînent des syndromes cliniques particuliers, cela est dû à ce que les tumeurs ont souvent des caractéristiques fonctionnelles proches des cellules normales dont elles dérivent (1).La classification des TNE se fait selon leur siège, tels que les TNE du tube digestif qui sont reparties on (1) :les tumeurs développées à partir de l\’intestin antérieur ou \”Foregut\” : les TNE oesophagiennes, gastriques, pancréatiques, duodénales, jéjunales hautes, mais aussi trachéo-bronchiques.les tumeurs développées à partir de l\’intestin moyen ou \”Midgut\” : les tumeurs jéjunales basses, iléales, appendiculaires et caecales.les tumeurs développées à partir de l\’intestin postérieur ou \”Hindgut\” : les tumeurs coliques et rectales.Les cellules neuroendocrines sont mises en évidence par plusieurs méthodes on cite : -Techniques d\’imprégnation argentique : utilisées pour les cellules neuroendocrines isolées et non visibles sur les colorations usuelles, quelques exemples de ces techniques de coloration (1) :L\’argentaffinité, qui est mise en évidence par la réaction de Fontana- Masson, elle est liée à la présence de sérotonine (1).L\’argyrophilie, qui est mise en évidence par la réaction de Grimelius en particulier, beaucoup plus sensible que la réaction d\’argentaffinité, est liée à la présence de chromogranines (1).-Microscopie électronique : cette technique est utilisée pour la mise en évidence des cellules et des tumeurs du système neuroendocrines qui libèrent des vésicules de sécrétion (1).-Immunohistochimie (IHC) : c\’est la technique la plus connue et la plus utilisée dans le diagnostic des cellules neuroendocrines normales ou pathologiques et pour caractériser les sécrétions grâce à des marqueurs spécifiques (1).Ces bio-marqueurs sont aussi utilisés dans le diagnostic, le traitement, le pronostic et le suivi thérapeutique des tumeurs, ce sont des substances présentes ou produites par une tumeur elle-même ou par le microenvironnement de l\’hôte en réponse au processus de tumorigenèse et de progression (2).Jusquà nos jours 2 types de marqueurs biologiques en été découvert :Marqueurs neuroendocrines généraux : Marqueurs cytosoliques :Ils sont basés sur lutilisation de Neuron Specific Enolase (NSE), ne sont pas specifique, car la positivité d\’une cellule n\’est pas liée à son contenu en granules neuro-sécrétoires mais plusieurs cellules et tumeurs non neuro-endocrines peuvent être marquées par un anticorps anti-NSE, des isomères de la NSE étant présents dans divers types de cellules normales et tumorales (1).- Marqueurs associés aux petites vésicules :La synaptophysine est localisée dans les vésicules présynaptiques des neurones et dans les petites vésicules claires des cellules neuro-endocrines normales et néoplasiques, son expression est indépendante de celle des autres marqueurs neuro-endocrines. Elle ne dépend pas non plus du contenu de la cellule en grains de sécrétion (1).- Marqueurs associés aux granules de sécrétionOn trouve 3 types de chromogranine A B, C, les anticorps anti-chromogranines sont des marqueurs très spécifiques des cellules neuro-endocrines normales et tumorales, ce marqueur doit être employé en association avec à un anticorps anti-synaptophysine et un anticorps anti-NCAM (1).Protéines membranairesLa N-CAM (Neural Cell Adhesion Molecule), nest pas specifique, exprimée par les cellules neuro-endocrines normales, par la plupart des TNE et par autres tumeurs .il est très sensible des TNE peu différenciées reconnue par les anticorps anti-CD 56 (1).Marqueurs des produits de sécrétion spécifiquesIHC est utilisé pour identifier la forme active des peptides, des régions variées des molécules précurseures, et les TNE pouvant synthétiser des formes moléculaires anormales des hormones (1).On peut retrouver les biomarqueurs tumoraux dans divers endroits de lorganisme, dans les cellules, les tissus ou les fluides corporels. Ils sont détectés par des techniques chimiques, immunologiques et biologiques moléculaires (2).Jusquà nos jours seuls 20 types de biomarqueurs tumoraux ont été utilisés en clinique, ils sont classés selon la nature chimique des marqueurs tumoraux, ils sont divisés en six types: antigènes oncoftaux (antigènes carcino-embryonnaires [CEA], alpha-foetoprotéine [AFP]), antigènes glucidiques (CA125, CA15.3), enzymes ( énolase spécifique à la prostate, spécifique aux neurones.), hormones (gonadotrophine chorionique humaine, calcitonine, etc.), protéines (céruloplasmine.) et gènes (P53, V-KI-ras2 Komen sarcome de rat homologue oncogène viral [KRAS] .) (2).Malgré les progrès des recherches sur les marqueurs tumoraux durant ces dernières années, on n a pas pu trouver un marqueur dit universel, mais il existe des marqueurs confinés à un certain type de cancer, et dautres qui existent dans deux types de tumeurs ou plus (1).Plusieurs recherches se sont basées en particulier sur la chromogranine A qui est un marqueur des TNE, dans le but de déterminer si cette dernière est spécifique à toutes les TNE ou seulement à quelques-unes.La chormogranine A fait partie de la famille des granines qui sont des protéines acides localisées dans les granules des cellules endocriniennes et neuroendocriniennes, formée de 439 acides aminés et codés par le gène CHGA/CGA situé sur le chromosome 14 (3).Elle a été détectée la première fois dans les granules sécrétant la catécholamine au niveau de la médullosurrénale, cest une molécule précurseure de peptides biologiquement actifs, le clivage protéolytique de ces protéines acides conduit à la formation de certains peptides (3) :vasostatine I : présentant une activité anti-adrénergique.parastatine : inhibition de la sécrétion de parathyroïde hormone (PTH) en réponse à de faibles niveaux de calcium.pancréastatine : montrant un effet inhibiteur fort sur la sécrétion dinsuline stimulée par le glucose dans le pancréas.catécholamines : inhibant la sécrétion des cellules chromaffines.Ce marqueur est utilisé comme un outil de diagnostic, indicateur de réponse au traitement, et sert également à la récurrence de la maladie, il est en corrélation avec la masse tumorale, son dosage présente une sensibilité supérieure à celle de NSE (3).Le dosage de la CGA peut se faire à partir du sérum ou du plasma par 3 techniques : le dosage immunosorbant lié à lenzyme (ELISA), le dosage immunoradiométrique (IRMA) et le dosage radioimmunologique (RIA) (3).Les résultats, varient en fonction des différentes techniques utilisées, Stridsberg et coll ont pu déterminer la sensibilité et la spécificité de chacune de ces méthodes :IRMA a une sensibilité de 67% et une spécificité de 96% (3).ELISA a une sensibilité de 85% et une spécificité de 85% (3).La sensibilité RIA était de 93% et la spécificité 85%, suggérant que le meilleur compromis entre la sensibilité et la spécificité est lutilisation de RIA (3).Dans le dosage de CGA les différents anticorps (AC) utilisés réagissent avec différents epitopes antigéniques à la surface de la chaine protéique (3), mais ce choix AC dépend tout dabord de la performance clinique du dosage (4).La CGA a une distribution qui est ubiquitaire, elle est stable in vitro et sa concentration ne dépend ni dâge ni de sexe, ces 3 critères facilitent le dosage de cette protéine acide(4), mais les inconvénients de cette dernière cest quelle augmente en cas de prise de nourritures ou dexercices physiques (5). Ainsi, son dosage doit se faire en cas de repos et de jeune, elle augmente également dans certaines maladies telles que (3) :Les Troubles gastriques :Le taux de chromogranine A augmente dans le cas de : gastrite atrophique, par des médicaments suppresseurs de lacide ou pendant le traitement par inhibiteurs de la pompe à protons (PPI) qui induit un taux élevé de CGA pendant 5 jours et avec des concentrations 5 10 fois plus que la plage de référence supérieure ,ce dernier doit être interrompu au moins 7 jours avant le Test. Ainsi que les antagonistes des récepteurs de l\’histamine de type2 (H2RA) qui ont un effet sur laugmentation de ce marqueur (cesser ces médicaments pour au moins 24 h), de plus labsence dacides gastriques engendrent une hypergastrinémie en raison de la non-rétroaction négative pour gastrine, qui stimule à son tour la croissance de lentérochromaffine, qui est une cellule sécrétant CGA (3).Laltération de la fonction rénale : Avant de déterminer la cause de laugmentation de CGA il faut être sure à ce que le patient nest pas atteint dinsuffisance rénale, vu que le taux de ce marqueur peut dans ce cas atteindre une valeur égale à celle exprimée dans le cas de présence de TNE (3).Les maladies cardiaques :Chez les personnes atteintes dinsuffisance cardiaque le taux de CGA ne dépend pas de la concentration des hormones impliquées dans la base pathophysiologie de la maladie comme catécholamines, et les composants du système rein-angiotensine-aldostérone, mais dans ce dernier cas son taux dépend de la concentration du peptide natriurétique du cerveau (BNP) (3). Elle augmente également en cas de syndromes coronariens aigus et semble refléter linflammation et une surcharge, ainsi la CGA joue un rôle protecteur dans la prévention de lactivation excessive du muscle cardiaque en réponse aux facteurs de stress (3).Lhypertension : Le taux de CGA est lié la sévérité de lhypertension en conjonction avec une activité adrénergique accrue (3).Les maladies rhumatoïdes :Les personnes atteintes de la rhumatoïde présentent des taux de CGA plus élevés que ceux des patients atteints de TNE, avec intervention de la vasostatine qui protège l\’endothélium en inhibant linflammation causée par le TNF- (3). De plus le lupus érythémateux systémique peut être cause daugmentation de CGA, ainsi que le traitement par anti-TNF- qui altère la corrélation entre la concentration de la CGA et celle des récepteurs du facteur de nécrose tumorale (TNF-) (3).Une étude a été réalisée chez 184 personnes entre 53 et 23 ans présentant des carcinomes endocrines bien différenciés gastro-entéropancréatiques métastatiques (CEBDM-GEP), Par dosage immunoradiometrique de CGA plasmatique, dont lobjectif était de Rechercher les causes des faux positifs des dosages de CGA dans le cas de CEBDM-GEP et de vérifier les concentrations chez des patients atteints de CEBDM-GEP sans faux positifs de CGA. Cependant, parmi 130 patients, 99 dentre eux (54%) avaient au moins une cause délévation non tumorale : (59% : insuffisance rénale / 34% : IPP/ 7% : insuffisance cardiaque/ 4% : syndrome de cushing) et 10% avec des NEM 1 et 14% avaient plus de 2 causes de faux positifs (5).La CGA est un marqueur de TNE, il ne peut être utilisé pour évaluer la gravité ou lévolution dautres tumeurs que les TNE. Parmi celles secrétant ce marqueur on trouve : le phéochromocytome, le carcinome thyroïdien médullaire, les adénomes parathyroïdiens, les tumeurs neuroendocriniennes pulmonaires, tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques (GEP-NETs), tumeurs de prostate, cancer du sein, cancer du tractus génital féminin.

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