Perte de contact avec la réalité économique

Avant d’invoquer ce point, il nous importe de rappeler que la formation d’un cours boursier est animée par trois composants à savoir « société de production, société anonyme et valeur boursière » . C’est ainsi qu’un cours boursier normal est celui qui reflète la valeur des actifs sociaux actuels et la productivité de la société cotée sur la base des investissements antérieurs qui ont été orientés vers la création de la richesse.
En d’autre terme, pour pouvoir créer une égalité entre le prix d’un titre sur le marché et sa vraie valeur, les investisseurs rationnels sont censés se rapporter à des informations pertinentes. Or, vu qu’une grande partie des investisseurs n’est pas rationnelle, la convergence des prix vers la valeur fondamentale serait corrigée par le recours à des techniques d’arbitrage notamment la valeur actualisée des dividendes futurs. Dans ce cas le problème serait lié à l’anticipation des flux inconnus des dividendes. Pour ce faire, les investisseurs doivent en disposer des informations pertinentes afin d’anticiper rationnellement les dividendes futures.
Cependant, dès lors que la valeur d’un cours boursier se détermine on se rapportant à la confrontation de l’offre et de la demande, le scepticisme commence à envahir le marché boursier . Pour cette raison, des nombreuses situations restent inexpliquées par l’hypothèse d’efficience informationnelle.
Par-delà, la question qui en résulte est de savoir est ce que cette épargne nette actuelle des titres boursiers est contingentée à la réalité économique, sociale et juridique de la firme cotée ? Sinon, on est en face d’une capitalisation boursière d’un titre dépourvu de toute sa rationalité.
P.Vigreux en parle d’un « déphasage temporel » des facteurs qui commandent la formation d’un cours boursier en deux temps différents, le passé où la valeur « normale » d’un titre devrait être la résultante d’une politique antérieure d’un investissement entreprit par la firme concernée et le présent qui est lié à l’importance de l’épargne nette actuelle placée à la bourse des valeurs et qui y pourrait varier suite à des nombreuses raisons.
A l’égard de ce déphasage temporel, la pertinence de la valeur boursière est devenue la principale préoccupation de nombreux praticiens et théoriciens en la matière.
Suite au Krach boursier de 1987, Orléan (1989) s’est penché sur cette problématique qui entache les cours boursiers . Ainsi, il considère que la volatilité des cours boursiers ne s’attache pas à la réalité économique des entreprises et que très souvent les fluctuations boursières mesurées sur les marchés boursiers sont considérées « d’excessives » par rapport à ce qui devait être « normal ».
Selon la même grille d’analyse, Albouy (2005) montre aussi bien que la volatilité excessive des marchés financiers est liée au comportement irrationnel, de ces derniers, qui empêchent d’envoyer des signaux lisibles par rapport aux évènements réalisés .
Au demeurant, cela a donné naissance à des nouveaux modèles financiers qui ont jugé les volatilités boursières de trop élevées à l’aune du clivage constaté entre le normal et le pathologique. Cela nous mène à une nouvelle construction conceptuelle fondée sur l’indépendance de la bourse de la vraie économie. Ainsi, force est de constater, dès lors, que le facteur d’amoralité de quelques opérateurs financiers demeure une cause principale de ce clivage.
Compte tenu de ce clivage, des nombreux chercheurs ont scindé le monde réel en deux compartiments distincts « entreprise et marché » afin d’analyser son fondement de manière autonome . Pour ce faire, ils constatent que leurs analyses gravitent autour de l’hypothèse d’efficacité informationnelle du marché boursier étant la pierre angulaire de la rationalité des investisseurs que nous proposons de la définir dans le développement suivant.

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