Le rôle du système financier marocain dans la finance verte

Nous commençant notre analyse par la citation de Bertrand Badre “Le profit n’est pas une fin, mais un moyen”. Et pour arriver à réaliser la finalité décrit dans la citation plusieurs domaines doivent être participés. Parmi ces domaines on trouve également la finance verte.

Au Maroc le rôle que jouent le système bancaire et le système financier est encore très limités et très modeste. Les actions menées par ces secteurs touchent principalement le financement des Investissements verts et la création des fonds d’investissement.

1) Le rôle de la bourse de Casablanca :

Au Maroc, la première obligation a été émise en novembre 2016. Cette obligation a été émise par MASEN sur 18 ans avec un montant de 1,2 milliards de dollars (125 millions de dirham). Ces fonds ont été levés pour financer la centrale solaire à concentration Noor I, dont la construction a commencé en 2018. L’emprunt a été suivi d’une émission de 355 millions de dirhams (37 millions de dollars) de Casablanca Finance City en septembre 2018 pour financer trois bâtiments certifiés LEED.

Ainsi, le Maroc a émis cinq obligations vertes d’une valeur de 4 milliards de dirhams (416,7 millions de dollars) en 2020. En plus, deux banques ont émis des obligations vertes pour financer des projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique.

Depuis c’est le silence qui règne, comme il faut mentionner qu’au Maroc, c’est toute l’industrie de la dette privée qui est moribonde, en témoigne le très faible recours des émetteurs du secteur privé (hors banques) aux émissions obligataires vertes, alors même que les conditions de marché n’ont jamais été aussi avantageuses, avec des taux qui atteignent des niveaux historiquement bas.

2) Le secteur bancaire marocain et la finance verte :

Au Maroc deux fonds principaux ont été créés par le secteur bancaire pour la préservation de l’environnement.

2-1) Le Financement des investissements verts :

Le secteur bancaire intervient au niveau du financement des investissements verts par le Cofinancement avec le FODEP des projets d’investissement qui respectent l’environnement à Hauteur de 20% à 40% du coût des projets en aval et 20% à 60% du coût des projets intégrés.
Le FODEP comprend deux véhicules confiés aux banques sous la supervision de la Caisse Centrale de Garantie (CCG). Il s’agit du fonds d’aide et du fonds de crédit .

En 2012 près de 40 MDH proviennent de fonds et le concours direct des banques est de 207,8 MDH.

Les fonds d’investissement :

Le premier fonds d’investissement qui vise la protection de L’environnement a été créé au Maroc en 2008 . Il s’agit du fonds capital carbone Maroc (FCCM).

Le but derrière la création de ce fonds c’est l’accompagnement des promoteurs marocains à réaliser leurs projets qui entrent dans le cadre du mécanisme de développement propre (MDP), par l’acquisition de crédits carbone sur la période 2008-2017.

Le FCCM est le premier fonds africain dédié à la finance carbone au Maroc qui intervient dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la gestion des Déchets.

Ce fonds d’une somme de 300 millions de dirhams est détenu à 50% par la caisse de dépôt et de gestion ,25% par la caisse de dépôt et de consignation climat (CDC France) et 25% par la Banque européenne d’investissement.

Même que pour la bourse, la contribution des banques dans la finance des projets qui vise la préservation de l’environnement est encore dans ce début à cause des couts élevée de ce type de projets.

II. La contribution de la finance internationale :

Le premier bénéficiaire des aides internationales pour le climat est le Maroc. Il a reçu 606.96 millions de dollars (5.6 milliards de DH) de financement pour ses ressources en énergie solaire sous forme de subvention 4% et de prêts 96% entre 2003 et 2013.

Le 16 mars 2015 la signature de la mise en place d’une ligne de crédit (MORSEFF) a eu lieu. Cette ligne de crédit servira à financer les investissements dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Dans le cadre du programme MORSEFF , la BMCE Bank a décroché un prêt de 20 millions d’euros (214 millions de DH) financé par la banque européenne de recherche et développement ,la banque européenne ,l’agence française de développement (AFD) et la banque Allemande de développement (KFW).

Le crédit bancaire peut atteindre 50 millions de DH sur la durée du programme MORSEFF et selon la taille du projet, sans oublier qu’il concerne aussi les PME/PMI et les TPE. En plus, des subventions qui varient entre 10 et 15% et elles sont accordées par l’Union européenne.

III. Des recommandations pour l’amélioration la finance verte au Maroc :

L’Etat, les collectivités territoriales, le secteur privé, les banques, les sociétés civile et citoyen doivent être impliquer pour la protection de l’environnement du fait que les actions à mener doivent recevoir l’unanimité.
Ces actions portent essentiellement sur les incitations financières.

D’abord, au niveau des incitations financières, il faut :

Intégrer la PME/PMI et la TPE dans des projets environnementaux et leur faciliter les conditions de financement dans les secteurs des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ;
Rendre efficace les subventions écologiques par le contrôle du département de l’environnement des dépenses d’investissement dont bénéficient les projet écologiques Évaluer davantage la performance écologique des fonds dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique.

Ensuite , pour accroitre la participation des banques dans le financement des investissements verts il faut :
Introduire de nouveaux produits financiers tels : « les obligations vertes », « épargne verte » collectés pour éviter de financer d’autres projets que ceux d’énergie renouvelable.
Impliquer davantage les banques marocaines dans le financement du développement durable par des partenariats avec les institutions financières internationales;
Étendre le champ d’intervention de la Microfinance pour le financement des petits projets qui respectent l’environnement sur la base d’une stratégie claire et efficace;
Encourager la création des fonds d’investissement et tirer profit des mécanismes MDP comme moyen de financement des projets d’efficacité énergétique.