La Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement

Le 24 février 2017, le Maroc a déposé officiellement sa demande d’adhésion à la communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest CEDEAO, et passera ainsi du statut d’État observateur à celui de « membre à part entière ». Cette demande est venue un mois après le retour du royaume à l’union africaine en 30 janvier 2017 à Addis Abeba et le discours historique de sa majesté le roi Mohammed VI, comme un acheminement logique des faits.
Dans la lettre transmise à la présidente en exercice de la CEDEAO à l’époque, la libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Maroc a mis en exergue ses liens forts aux niveaux politique, humain, historique, religieux et économique avec les états membres de cette communauté, des liens qui se sont fortifiés avec les 23 visites royales dans 11 pays de la région. Sans considérer les centaines de contrats d’investissement signés juste après.
En réponse à cette demande, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, lors de sa 51ème session ordinaire tenue le 4 juin 2017 à Monrovia au Libéria, a donné son accord de principe pour l’adhésion du Maroc à l’Organisation régionale.
Cette démarche s’inscrit dans une vision d’internalisation de l’économie marocaine qui s’est tournée principalement vers cette région. En 2015, le Maroc fut le premier investisseur africain dans l’Afrique de l’ouest, ces investissements concernent principalement le secteur bancaire, de télécommunication, d’assurance, les organismes financiers, l’industrie et le holding et l’immobilier. Dans la même année il a généré un excèdent commerciale de l’ordre de 1,8 milliard DH (les exportations ont atteint 1,9 milliard DH contre 112 millions DH à l’importation).
Sur le plan géopolitique et alors que le Maroc a gelé sa participation à l’Union du Maghreb Arabe (UMA), l’intégration du Maroc représentera en 2030 un ensemble qui comptera parmi les dix premiers de la planète, tout en se conformant avec l’orientation donnée par l’union africaine qui veut que chaque état ne soit, à terme, membre que d\’une seule et unique Communauté économique régionale. En fait, dans l’ère de la globalisation et du renforcement des grandes puissances, tout pays de la taille du Maroc fait face au risque d’être à l’écart s’il ne s’intègre pas à une entité géographique remarquable telle que la CEDEAO.
Regroupant 16 pays liés par un accord multilatéral, la CEDEAO est considérée comme l’un des plus importants piliers de la communauté économique africaine, elle a pour objectif la promotion de la coopération et l’intégration dans la perspective d’une Union économique de l’Afrique de l’Ouest, en vue d’améliorer le niveau de vie de ses citoyens et de maintenir et d’accroître la stabilité économique. Après 44 ans, ce bloc régional a enregistré d’importants progrès, notamment, en matière d’harmonisation des politiques nationales et de promotion du commerce dans l’espace communautaire, ce qui révèle un vrai gisement d’opportunités, de diversification de la base exportatrice et de création de valeur ajoutée pour le Maroc.
Bien qu’elle représente plusieurs avantages pour son économie, cette adhésion peut exposer le Maroc à plusieurs défis. Dans le présent travail j’essayerai, dans un premier temps, de présenter d’une manière générale la CEDEAO, sa genèse, ses institutions, ses principes fondamentaux, etles grandes lignes de sa vision 2020.

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