Vers des politiques réalistes de la communication

Les problèmes de communication dans le monde des affaires ont longuement été négligés, et ceux-ci ont rarement été rattachés aux divergences sociales et culturelles. Au sein des entreprises, ces différences interculturelles ont entraîné des difficultés. En effet, les lacunes en compétences interculturelles ont créé des problèmes dans les processus décisionnels, dans les pratiques de gestion des ressources humaines, dans les relations superviseur-subordonné ou encore, dans d’autres domaines organisationnels.

D’ailleurs, aujourd’hui, bien qu’on lui porte un intérêt particulier, le concept de la compétence interculturelle reste difficile à définir. Selon Knapp (Spitzberg et Chagon, 2009) cette faculté est composée d’un ensemble d’aptitudes analytiques et stratégiques qui élargissent la perception, la pensée et l’action d’une personne dans ses interactions avec des membres d’autres cultures. Ainsi, la compétence interculturelle s’avère être un élément nécessaire à un aboutissement fructueux lors d’échanges culturels distincts. Cette capacité joue un rôle important dans les compagnies et dans les organisations internationales, car la culture influence énormément la manière de communiquer, de négocier et de faire des affaires.

D’une part, cette faculté met l’accent sur diverses caractéristiques individuelles, telle que l’intelligence émotionnelle, le savoir cognitif, ou bien les compétences comportementales et organisationnelles. Cela permet notamment aux individus d’éviter les malentendus, ainsi que les pièges liés à un regroupement culturel (Janson 2017). D’autre part, cette aptitude permet aux entreprises de jouir d’une meilleure communication, d’identifier et d’exploiter de nouveaux marchés potentiels, de créer diverses politiques de marketing, de vente ainsi que de publicité pour une culture étrangère ou encore, de nouer et de développer des relations d’affaires internationales (Emploi Québec, 2005). Toutefois, selon Dickmann et Harris (cité par Bartel-Radic, 2009), la compétence interculturelle est considérée comme une condition nécessaire mais pas suffisante au bon développement à l’international.

Étant donné que la compétence interculturelle représente un ensemble d\’habiletés, celle-ci n’est pas directement observable et par conséquent, difficilement mesurable. Néanmoins, la compétence interculturelle dispose de plusieurs outils de mesure. Il n’existe cependant pas d’instrument idéal. Par contre, il existe bien des approches adaptées au contexte de l’évaluation et à la culture (Barmeyer, 2004).

Situés dans la péninsule arabique, les Émirats Arabe Unis prônent le modèle culturel le plus occidental de la région. Par conséquent, on distingue quelques similarités entre la culture provenant de là-bas et la culture canadienne. Par exemple les deux cultures sont marquées par un niveau hiérarchique assez élevé et elles accordent une grande importance aux relations interpersonnelles (Janson, 2017). De plus, bien que l’honneur se caractérise de manière différente dans les deux pays, il faut souligner que celui-ci joue un rôle prépondérant dans leurs cultures (Pelletier, 2019). En effet, les canadiens aiment être valorisés et appréciés pour leur travail. L’honneur est plutôt lié à leur vie professionnelle, basé sur les traditions de leur profession et sur le rang qu’ils détiennent (Collège Boréal). A la différence, les émiratis donne à l’honneur une valeur familiale. Le comportement des gens doit être adapté en fonction de la préservation de l\’honneur personnel et familial (De Wite, 2017). Pour finir, il y a également une similitude dans le domaine linguistique, étant donné que dans la majeure partie du Canada et aux Émirats Arabe Unis, langue de travail est l’anglais.

Toutefois, on distingue évidemment des différences culturelles notables entre les deux pays. Ces distinctions pourraient brouiller la transmission de l’information, le développement des contacts et la construction de réseaux durables. Par exemple, au Canada, les hommes et les femmes sont sur le même pied d’égalité. Les femmes peuvent occuper les mêmes postes que les hommes et faire des tâches similaires. De plus, elles peuvent aussi occuper des postes d’autorité (Collège Boréal). Or, les Emirat Arabe Unis ont une vision conservatrice des rapports entre les sexes. Les femmes dépendent généralement de leurs maris, le chef de famille. Elles sont très peu sollicitées aux niveaux en haut de la pyramide, ce qui entraîne un déséquilibre sociétal (Coker, 2018). Cependant, selon The Guardian (2019), les Émirats sont en tête des pays du Golfe en matière d’égalité des sexes. Aujourd’hui, l’expansion du marché économique des Émirats Arabes Unis ne cesse de croître ainsi le rôle des femmes dans le domaine économique prend une nouvelle dimension (Ece International, 2011).

Ensuite, lors de la communication, les émiratis peuvent sembler froids, peu démonstratifs et aiment prendre leur temps. Mais, à l’instar des japonais, ils ne se laissent simplement pas embarquer par leurs émotions lors de discussions. De plus, les arabes portent une importance particulière aux relations personnelles, au côté intime et familial. De ce fait, ils prennent leurs temps pour découvrir les manières de leurs collaborateurs. Ainsi, avant de signer un contrat, ils examinent toutes les implications et ramifications du contrat ce qui peut amener à de longues discussions très espacées dans le temps. Inversement, les canadiens ont tendance à séparer leurs relations personnelles, familiales et d’affaires. Ils considèrent que ce n’est pas approprié de ramener ses problèmes pendant le travail. Les Nords-américains sont donc des communicateurs rapides et expressifs (Collège Boréal).

Pour lutter contre la désinformation culturelle et favoriser le développement des compétences interculturelles, le Canada a mis en place diverses mesures auprès d’entreprises nationales et internationales, ainsi qu’auprès des employés étrangers et locaux. Par le biais d’organisations telles que le Service d’aide aux Néo-Canadiens (SANC) ou Hire Immigrants Ottawa (HIO), le pays d’Amérique du nord organise plusieurs séances d’ateliers, de sessions d’information, de formation, de conférences et du coaching par rapport à différents sujets reliés à la communication interculturelle et à la gestion de la diversité culturelle. De plus, ces organisations s’assurent de mettre à jour leurs techniques de communication pour donner aux personnels des commentaires sur leur rendement quotidien (HIO, 2017). Du côté des Émirats, pôle d’attraction d’entreprises étrangères, le gouvernement mène une stratégie astucieuse qui vise à faire de Dubaï un centre de commerce universel et la première destination touristique mondiale. Selon De Wite (2017), les hommes de loi visent des Émirats modernes où les cultures occidentales et orientales vivent côte à côte. Visant plus une acquisition de compétences culturelles basées sur des échanges quotidiens entre les émiratis et les non-émiratis. Toutefois, pour l’instant, la plupart de ces interactions ont lieu uniquement dans les situations bureaucratiques et dans les situations de service (De Wite, 2017).

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