Frères musulmans – Hassan Al-Banna

INTRODUCTION

Hassan Al-Banna est né en 1906 à Al-Mahmoudiya, un petit village situé au Nord du Caire. Il est le premier fils d’Ahmad Al-Banna, un imam qui répare des montres. À l’âge de 8 ans, Hassan Al-Banna est élu président d’une « association pour les bonnes mœurs », et un an plus tard, il participera à une « association contre les violations de la Loi », dont les membres faisaient parvenir, d’une façon anonyme, des remontrances écrites aux personnes suspectées d’avoir enfreint quelques principes religieux ou moraux. Al-Banna fonde en 1928, au Caire, en Égypte, les Frères Musulmans, après l’effondrement de l’Empire Ottoman. Il définit son idéologie totalitaire en des termes ambiguës : « […] une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie ». Le mouvement mené par Al-Banna débute comme une simple association locale de bienfaisance, mais du fait qu’il voulait lutter contre « l’emprise laïque occidentale et l’imitation aveugle du modèle européen », ce mouvement se donne un but politique : instaurer un grand État islamique, fondé sur l’application de la Shari’a. Un double contexte favorise l’émergence des Frères Musulmans : la critique de plus en plus vive sur la présence britannique, mais aussi une certaine instabilité avec la tentative d’installation d’un gouvernement à tendance libérale. C’est en 1936 que l’association s’implique politiquement, pour la première fois. Ceci s’est fait en soutenant militairement la révolte des arabes de la Palestine. C’est ainsi, dans ce contexte, que le discours d’Al-Banna fut donné.

L’ISLAM GLOBAL

Al-Banna commence par expliquer que l’Islam est : « credo et rite, partie et ethnie, grandeur et force, essence et matière, culture et législation ». Cette explication est venue contredire la « simplification » faite de l’Islam par des opposants selon lui, mais il n’est pas clair si ce sont des opposants de l’Islam ou des Frères Musulmans. Déjà, Al-Banna parle comme s’il parle avec la « ummah » musulmane, et non seulement un Congrès. Ceci est justifié lorsqu’il parle du devoir du musulman de s’intéresser à toutes les affaires de sa nation en citant un hadith : « celui qui ne se préoccupe pas des affaires des musulmans n’en fait pas partie ». Mais de quelles affaires parle Al-Banna ?
La Société des Frères Musulmans avait un seul et principal objectif : instaurer une république islamique à la place des régimes en place dans les pays à majorité musulmanes. Ils s’opposaient aux courants laïques de ces nations, et préconisent un retour aux concepts du Coran, impliquant un rejet de l’influence occidentale. Lorsque Al-Banna parle des affaires des musulmans, il parle en effet des affaires des Frères Musulmans ; ce hadith fut mal utilisé. En réalité, il relève dans un premier temps de la compassion du Prophète Muhammad envers sa communauté, lui donnant le bon conseil, luttant pour ses intérêts meilleurs en enlevant ce qui lui est nuisible. Dans un deuxième temps, les affaires veulent dire la préoccupation que tient le Prophète concernant le sort de sa communauté, ses prières et son Salam ont toujours été pour ceux de sa communauté : « Al salam ‘alayna w ‘ala ‘ibad Allah al salihin ». Al-Banna n’avait pas les mêmes idées en tête.
En effet, il ne cesse de parler de « ses prédécesseurs » comme s’il parle en leur nom, comme s’il était un successeur. Il dit que ces premiers « faisaient de l’Islam leur critère de jugement, militaient en sa faveur, baisaient leurs entreprises sur ses fondements, et évoluaient dans son cadre pour ce qui est de toutes les affaires de la vie quotidienne et pratique ». Il cite apparemment le premier Calife de l’islam, Abou Bakr As-Siddiq, oubliant que la citation suivante (« si je perdais une entre de chameau, je la retrouverais dans le Livre de Dieu ») fut dite par Abdullah Ibn Abbas, cousin paternel du Prophète et un expert dans le Tafsir du Coran. Cette citation, retrouvée dans Kitab Al-Mawaqif, veut dire que si un musulman est à la recherche d’une réponse, il la retrouvera dans le Coran. Avec de fausses utilisations de citations, on commence à douter les connaissances d’Al-Banna par rapport à l’Islam, qu’il définit si confiant.
C’est dans le troisième paragraphe que les affaires mentionnées par Al-Banna sont clairement définit : politique, regard sur les affaires de sa nation. Il n’arrête pas d’inciter ces jeunes à participer en leur rappelant le fait que l’absence de participation « est quelque chose que l’Islam ne cautionne pas. Il faudrait donc que toute association islamique stipule en tête de son programme qu’elle se préoccupe des affaires politiques de sa nation ». Al-Banna utilise ce discours pour avoir plus de partisans et disciples, il instrumentalise la religion pour attendre ses intérêts propres, et ceux de son parti politique. Il précise qu’un fois qu’il quittera l’assemblée, certains vont commencer à dire que cette organisation à abandonner ses principes et rejeté ses fonctions pour devenir une organisation politique au lieu d’une organisation religieuse. Il essaye d’expliquer qu’il ne doit plus y avoir de distinction entre religion et politique, précisant que les messages de cette société n’ont « jamais fait de différence entre la politique et la religion et que les gens jamais ne les verront partagés de la sorte ».
Il va plus loin en disant que chacun dans cette assemblée ira non seulement de sa propre interprétation de ce qui a été dit, mais à dire que la société s’imprègne d’autre chose que l’Islam authentique. Pour répondre à cela, il récite des versets du Coran, deux Surat (chapitres) : Al-Baqarah et AL-Qussas.
Après avoir donné sa propre définition de l’Islam, Al-Banna définit la notion de politique pour expliquer en plus de détails pour la religion et la politique vont de pair.

POLITIQUE INTÉRIEURE :

Al-Banna continue ses explications, tentant de justifier l’intervention des Frères Musulmans dans la politique. Il explique que par politique, on entend la politique intérieure, dans ce cas celle de l’Égypte, et par politique intérieure, on entend l’organisation et de l’autorité du gouvernement et la description de ses missions, l’énoncé succinct des droits et devoirs, de l’exercice de contrôle des dirigeants pour qu’on leur obéisse s’ils agissent de manière régulière et font l’objet de critique dans le cas contraire,
Selon Al-Banna, on entend cela lorsqu’on pense à l’Islam, que cette religion est une politique intérieure qui doit être appliquée en Égypte. Il continue en relevant les points communs entre les deux. Il dit que les hommes musulmans doivent « faire de gros efforts en tenant compte et l’intérêt social et de l’application de l’ijtihad ». L’ijtihad s’agit d’un effort de réflexion personnelle, dans le cadre des limites des règles islamiques pour prendre une décision. Il incite les destinataires de ce discours de chercher des gouvernants qui utiliseront l’Islam lorsqu’ils gouverneront. Cette instrumentalisation de l’Islam est de plus en plus évidente, c’est un point faible pour certains, une sorte de propagande où l’on fait croire aux autres que c’est la religion elle-même qui s’attend à ça de leur part. Il va plus loin et dit que chaque musulman doit être « pleinement responsable des faits de son gouvernement, d’exercer auprès de ce dernier une fonction de conseil et de participation, et de lui demander compte de ses actes ».
Grosso modo, les gouvernés doivent être fortement actifs dans la politique intérieure, et les dirigeants, quant à eux, doivent s’en tenir du cadre des lois, dans ce cas des lois islamiques. Il mentionne aussi un principe musulman : ordonner le bien, interdire le blâmable. On comprend bien que pour lui, le dirigeant de l’époque, Farouk II, exerçait une politique non islamique, et les hommes musulmans doivent le « contrôler » ainsi que respecter « l’application qu’il fait des décrets de Dieu ».
Al-Banna fait aussi référence à une autre Surat du Coran, Surat Al-Maidah. Au moment de l’avènement de l’Islam, les arabes s’intéressaient intensément à la poésie, au vin et aux combats. Les révélations divines concernant l’interdiction du vin ont été progressivement transmises, boire le vin nous intoxique et cette intoxication implique l’affirmation de sa méchanceté. En Islam, avoir foi et boire du vin ne sont pas en accord les uns avec les autres. Revenant à Al-Banna, il explique que puisque tous les musulmans ne peuvent pas boire l’alcool, donc les pays avec des majorités musulmanes doivent interdire l’alcool, sa production, vente et consommation.
Cela est suffisant pour qu’il justifie son idée : les enseignements du Coran sont indispensables de la charge du pouvoir. La position de l’Islam en matière de politique intérieure est donc d’interdire cela, et d’intervenir.

CONCLUSION

Dans le discours de Al-Banna, l’instrumentalisation de la religion est claire et évidente. Il cite non seulement des hadiths, mais fait aussi référence à des versets du Coran. À travers cette analyse, on remarque que Al-Banna utilise les citations incorrectement, ne sachant pas qui a dit quoi, et il oubli complètement que ces versets du Coran datent d’une époque différente, une époque où ces versets furent envoyés pour diriger la ummah lorsqu’elle ne pouvait pas s’occuper d’elle-même. Al-Banna veut forcer la religion et la politique à constituer un État islamique, un État basé sur son interprétation du Coran et sur la Shari’a. Il utilise la religion, un point faible pour certains, pour les pousser à intervenir, leurs disant que l’Islam l’attend d’eux. Par contre, Al-Banna oublie de mentionner une Surat très importante du Coran, Surat Al-Kafirun. Beaucoup croient à tort que l’Islam ne tolère pas l’existence d’autres religions présentes dans le monde, et dans cette Surat, il est écrit : « Je n’adore pas ce que vous adorez, et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore, à vous votre religion et à moi ma religion ».
Cette Surat possède le concept d’une paix générale et donne aux autres la liberté de rester des partisans de leur religion parce qu’elle ne les exhorte pas à accepter l’Islam. Cette idée est similaire au verset mentionner par Al-Banna de Surat Al-Qussas, incitant les musulmans à ne pas prêter attention à ce que les autres disent de leur religion, à ne pas discuter avec ceux qui étaient considérés comme « ignorants », à vivre en paix et ne pas inciter des querelles. Al-Banna utilisa cela contre les personnes présentent dans la salle du Congrès qui le critiquerai, pour lui, ils seraient considérés comme des ignorants : il abuse les versets coraniques.
C’est dans ce discours que se dévoile le futur politique de l’Égypte, avec un parti politique qui

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